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L’islam mondialisé, d’Olivier ROY
L’islam mondialisé, d’Olivier ROY
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L’islam mondialisé, d’Olivier ROY 

Le Seuil, Paris, 2002, 208 p.

Résumé

Dans cet essai, Olivier Roy poursuit son analyse de l’Islam contemporain, fondée sur sa thèse de l’échec du projet politique de l’islamisme, thèse qui semblait contredite par les manifestations récurrentes du terrorisme. Les interprétations de l’islamisme divergent en effet selon les auteurs : pour les uns il est le résultat d’une lecture particulière du Coran, pour les autres, celui du « choc » de la confrontation de l’Islam avec la mondialisation et la modernité. Olivier Roy défend cette deuxième thèse, mais la nuance en proposant une typologie de la configuration complexe de l’Islam politique.

Le premier chapitre rappelle la « banalisation des mouvements islamistes » dans les États musulmans. Depuis les années 90, on observe un « retour » du religieux dans les États autoritaires.

En Occident, où l’islam est minoritaire, la « transnationalité » et l’acculturation imposent à l’islam un processus de « reformulation » qui entraîne la rupture avec l’islam traditionnel et le recul des identités d’origine surtout dans les quartiers d’exclusion sociale (chap. 2).

On assiste aussi à une « individualisation de la religion » chez les musulmans les plus libéraux (chap. 3 « Un islam humaniste ? »), ou à un recentrement sur l’homme (chap. 4). L’islam s’institutionnalise en s’occidentalisant y compris dans les États musulmans (chap. 5). Les réactions à la mondialisation prennent des formes diverses : la « mouvance » salafiste, dite aussi « néo-fondamentaliste », cherche à islamiser des territoires.

La communauté « virtuelle » de l’Islam, l’umma, étend ses réseaux sur Internet (chap. 7) ; le djihâd et les nouveaux mouvements radicaux sont aussi des formes de réaction à la modernité (chap. 8).

Qualités

  • La définition de concepts employés couramment : musulman, djihâd, sharî‘a pour éviter les amalgames et la confusion des registres.
  • Le livre approfondit la thèse de l’auteur sur l’« échec de l’islam politique » (1992) qui avait provoqué une vive polémique. Il explicite sa pensée en montrant que les États islamistes existent toujours mais qu’ils ont échoué dans l’application d’une idéologie islamique qui se proclamait supranationale et dans certains cas révolutionnaire (Iran).
  • La démarche typologique : O. Roy propose des catégories de classement des réactions de l’islam contemporain à la modernité qui font apparaître une grande hétérogénéité aussi bien à l’intérieur des États islamiques (chap. 1) qu’en Occident où l’islam est minoritaire (chap. 2 et 5).
  • La distinction entre fondamentalisme et néo-fondamentalisme (A. Lamchichi ou salafisme (chap. 6). Ce dernier se définit par une vision littérale et puritaine de l’islam et un anti-occidentalisme marqué. Il occupe le terrain de la contestation dans les États ou l’islamisme s’est normalisé. Présent en Occident et en pays d’Islam, porté par la mondialisation, il peut dériver vers des formes radicales comme le « djihâdisme » (chap. 8).

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