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L’Islam et sa civilisation, de MIQUEL André, avec la collaboration d’Henry Laurens
L’Islam et sa civilisation, de MIQUEL André, avec la collaboration d’Henry Laurens
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L’Islam et sa civilisation, de MIQUEL André, avec la collaboration d’Henry Laurens 

Armand Colin, Paris, 2003, 440 p.

Résumé

En introduction A. Miquel situe son ouvrage comme une invitation à penser le « destin » de l’Islam (qu’il écrit toujours avec une majuscule) dans une perspective « planétaire » et malgré les limites de nos connaissances. Quatre livres composent l’ouvrage suivant les quatre moments (VIIe au XXe siècle) de l’« aventure » de l’Islam dont il souligne l’unité profonde d’ordre religieux.

Le premier : « Le siècle des Arabes » (quatrechap.) présente l’Arabie pré-islamique au carrefour du grand commerce mondial (voir W. M. Watt), l’extraordinaire aventure de Muhammad puis la succession du Prophète avec les califes « inspirés » (voir H. Djaït), époque des premières conquêtes et de la fixation de la vulgate coranique. Le califat de ‘Omar est considéré comme une « transition » vers l’époque des « politiques » (p. 69) incarnée par les Omeyyades.

Le livre 2 (cinq chap.) montre l’importance des héritages étrangers dans le développement de la grande tradition impériale ‘abbâsside, l’essor économique, l’essor des domaines de la connaissance, les grandes réussites provinciales (les Omeyyades d’al-Andalus, l’Égypte des Fâtimides, les dynasties locales d’Iran et d’Afghanistan).

Le livre 3, (quatre chap.) relate les « Survivances bagdadiennes et convulsions » : l’empire arabe est confronté en Orient aux croisades puis aux invasions des Mongols (XIIIe siècle). La restauration du califat avec les Ottomans (voir la contribution de N. Itzkowitz sur « La sublime Porte » in B. Lewis L’Islam) marque « l’apogée » (p. 237) du monde turc et l’affirmation du sunnisme. Malgré une longue période de troubles, la littérature s’illustre de grandes œuvres (Ibn Khaldûn, Ibn Battûta…).

Le livre 4 couvre les XIXe-XXe siècles (trois chap.). L’expédition de Bonaparte (1798) inaugure l’ère de la pénétration européenne en Méditerranée. Ces impérialismes entraînent des changements considérables : réformes en Turquie, en Égypte et renaissance culturelle au Proche-Orient arabe (Nahda). Au lendemain de la Grande Guerre les nationalismes s’affirment en Turquie et en Égypte. La culture arabe, en particulier la prose, contribue à forger le sentiment national. Le dernier chapitre donne des tableaux de la population musulmane au XXe siècle. Deux phénomènes caractérisent ce siècle, le déclin du socialisme et les mutations de la culture.

A. Miquel conclut sur l’islamisme contemporain, « la relève du croyant par le citoyen » (p. 407) dans des sociétés où l’islam est toujours vécu avec ferveur à travers des manifestations d’une grande diversité.

Qualités

  • La place faite à la culture arabe, de l’Islam classique jusqu’au nationalisme arabe. Spécialiste de la littérature arabe, A. Miquel excelle dans l’évocation des grandes œuvres : en poésie, prose, littérature de voyage…. (sur la culture classique, voir aussi le chapitre V : « La tradition littéraire » de B. Lewis, L’islam). Un bon aperçu des mutations cultuelles du XXe siècle et de la littérature contemporaine.
  • Un bilan de l’importance de « l’empire musulman d’Occident », le rôle des dynasties berbères (Almoravides et Almohades) dans la transmission de la culture : philosophie, sciences… Sur la richesse de la vie culturelle à l’époque des Almohades, voir Urvoy.
  • Le bilan des trois décennies de grandes réformes ottomanes, les Tanzîmât (terme turc qui signifie organisations) depuis 1839 et le poids de la Tradition qui entrave la marche vers l’État moderne.
  • Des cartes précises de bonne lisibilité : carte sur l’Islam jusqu’au Xe siècle qui permet de suivre le destin des villes pré-islamiques après la conquête arabe qui inaugure un grand cycle de création urbaine ; une carte indispensable pour comprendre la géographie des troubles religieux dans le monde musulman du VIIIe au Xe siècle (voir La civilisation de l’Islam classique, D. Sourdel et J. Soudel) ; la carte de l’armature des métropoles (misr) dans les grands ensembles territoriaux établie selon les ouvrages du géographe al-Muqaddasî (voir Jérusalem, le sacré et le politique ).

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