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L’islam et la Raison, de CHEBEL Malek
L’islam et la Raison, de CHEBEL Malek
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L’islam et la Raison, de CHEBEL Malek 

Perrin, Paris, 2005, 238 p.

Résumé

L’ouvrage est consacré aux libres penseurs et aux mouvements représentant le patrimoine intellectuel de l’islam, que l’auteur oppose à l’islam doctrinaire des théologiens et des mosquées. Ce panorama balaie en neuf chapitres une longue période, de la mort du Prophète en 632, à 1979. La courte expérience des mu’tazilites* « premiers libres penseurs » de l’islam est extrêmement féconde (chap. 2). Après eux, le kalâm* s’épanouit avec les grands maîtres dialecticiens et théologiens de l’islam Ash‘arî, al-Ghazâlî et Ibn Taymiyya (chap. 3).

Malek Chebel rend hommage au mouvement des Frères de la pureté de la seconde moitié du IXe siècle (chap. 4), à « l’esprit de Cordoue » avec Ibn Rushd qui selon lui donne « la tolérance en modèle » (chap. 5), et au soufisme (chap. 6). Les grandes figures et les courants représentatifs de la raison et de l’intellect (‘aql* en arabe), de même que le grand mouvement des sciences n’ont pu porter leurs fruits en terre d’Islam (chap. 7 et 8). La nahda* des réformateurs du XIXe siècle est aussi un échec, à l’exception peut-être de son impact dans la lutte contre le colonialisme (chap. 9).

En conclusion l’auteur appelle l’islam à se défaire du « prêt-à-penser religieux » (p. 150) et à retrouver le bel élan donné par les libres penseurs. Il ne pourra y parvenir, selon lui, qu’en affirmant l’autonomie du sujet et se mettre « à l’école politique de la modernité (p. 151).

Qualités

  • Un point de vue sévère d’un anthropologue de tradition musulmane sur la capacité de l’islam à se réformer en raison du poids de la tradition, de l’esprit de soumission, de la force des interdits (voir A.-M. Delcambre, l’islam des interdits). On croisera cette analyse rapide avec la présentation des Nouveaux penseurs de l’islam Rachid Benzine. Il est indispensable d’approfondir avec Mohammed Arkoun dont le nom n’est pas cité dans la bibliographie.
  • Un exposé concis sur le mu’tazilisme, inspiré des thèses de l’historien Louis Gardet. On trouvera une présentation claire des maîtres de la doctrine, des grandes controverses sur la prédestination, l’anthropomorphisme, et le Coran créé ou incréé et sur l’épisode de son triomphe comme doctrine d’État (fin VIIe– première moitié du IXe siècle).
  • Une annexe utile « les acteurs de la controverse » : elle présente en 64 pages par ordre alphabétique 134 courtes biographies de grandes figures (de al-Basrî mort en 728 à Mawdûdi mort en 1979) et de courants religieux (Frères de la pureté, confréries de soufis*, Frères musulmans, salafiyya*) représentatifs de la pensée islamique et des grands débats

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