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Les nouveaux penseurs de l’islam, de Rachid BENZINE
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Les nouveaux penseurs de l’islam, de Rachid BENZINE 

Albin Michel, Paris, 2004, 290 p.

Résumé

En « ouverture », Rachid Benzine définit l’objet de son essai : étudier l’islam, foi et spiritualité à travers la pensée d’une nouvelle génération d’intellectuels musulmans, pionniers de nouvelles démarches d’étude des textes fondateurs de l’islam, qui revendiquent aussi la démocratisation et des réformes des sociétés musulmanes.

À la différence des « pré-réformistes » (p. 29), du milieu du XIXe siècle aux années 1940, engagés dans la critique des déviations dans la pratique de l’islam (chap. I) et pour certains d’entre eux dans la lutte contre le colonialisme, ces penseurs contemporains n’ont pas le soutien des lettrés du monde musulman. Ils sont confrontés à l’hostilité violente des pouvoirs politiques et des savants traditionnels, les ‘ulamâ’, attachés au monopole du savoir religieux.

L’ouvrage présente les parcours et les thèses d’une dizaine des figures principales parmi ces nouveaux intellectuels, de l’Afrique du Sud au Pakistan, de l’Iran à l’Égypte et au Maghreb. Les titres des chapitres qui leur sont consacrés mettent en avant le point fort de leurs exégèses, associant l’herméneutique et l’histoire.

L’auteur accorde une place particulière à deux penseurs : l’Iranien Abdul Karim Soroush (chap. II) qui développe une « théorie » de la connaissance religieuse et le philosophe pakistanais Fazlur Rahman (auquel Filali-Ansary a consacré un chapitre dans Réformer l’islam, une introduction aux débats contemporains). L’herméneutique de ce penseur est fondée sur l’étude du Coran dans son historicité et sur une interprétation du concept de révélation (chap. IV).

Les Égyptiens, Amin al-Khûli, Muhammad Khalafallâh et surtout l’universitaire Nasr Hamid Abû Zayd (chap. V et VI) analysent le Coran suivant la méthode de l’analyse littéraire. Mohammed Arkoun (chap. III), Algérien et professeur à la Sorbonne, soumet les textes de la Tradition à une lecture fondée sur de nombreux concepts empruntés à divers domaines des sciences humaines.

Abdelmajid Charfi (voir Filali-Ansary ), universitaire tunisien (chap. VII), renouvelle le concept de « sceau » de la prophétie muhammadienne.

Farid Esack (chap. VIII), théologien et militant contre l’apartheid, est issu de la minorité indo-pakistanaise de l’Afrique du Sud ; son herméneutique se veut aussi « théologie de la libération ». En conclusion, R. Benzine résume les points communs de ces intellectuels : leur « rationalité », le recours aux disciplines universitaires et le caractère « audacieux » de leur exégèse du Coran, démarche irrecevable pour la grande majorité des musulmans croyants.

Qualités

Un état des lieux des principales exégèses modernes d’intellectuels musulmans croyants engagés dans des démarches s’appuyant sur les sciences sociales et l’herméneutique.

Les grands traits de la biographie de penseurs musulmans peu connus en France et la présentation de leurs ouvrages dont la plupart sont en arabe ou en anglais.

L’illustration de la difficulté dans les sociétés musulmanes à mettre en pratique la liberté de pensée et d’opinion dans le domaine de la théologie et de l’exégèse. Pour l’importance de la procédure d’exégèse voir A. Mérad.

La brèche amorcée dans quelques dogmes fondamentaux de l’islam, sur le Coran, la prophétie. La richesse des questionnements et des approches de ces penseurs montre que la pensée islamique n’est pas figée et que le monopole du groupe des « savants » religieux, (‘Ulamâ’) est ébranlé.

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