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Les fabriques du jihad, de Jean-Luc MARRET
Les fabriques du jihad, de Jean-Luc MARRET
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Les fabriques du jihad, de Jean-Luc MARRET 

P.U.F. Paris, 2005, 334 p.

Résumé

Jean‑Luc Marret introduit les analyses centrées sur les « réalités de terrain » d’un phénomène extrêmement complexe, mouvant et « durable » fondé sur le concept de djihad, fortement mobilisateur dans l’idéologie des groupes islamistes djihadistes, et associé à d’autres doctrines, en particulier le salafisme. Le djihadisme est classé en deux grands ensembles. Le premier, le djihadisme international dont l’Afghanistan, la Bosnie, la Tchétchénie sont les trois exemples « les plus aboutis » (Michel Guérin, Gaïdz Minassain). Le deuxième groupe concerne les nouvelles « terres de djihad » dénommées aussi « secondaires », l’Arabie saoudite (Gaïdz Minassian), l’Égypte (Maha Azzam) berceau des Frères musulmans depuis leur création en 1928. En font partie aussi au Maghreb, l’Algérie où il semble toujours actif malgré l’amélioration de la sécurité dans les villes et le Maroc jusqu’alors épargné (Saïd Haddad). Enfin l’Irak (Stéphane Delory), où le djihadisme prend les formes de terrorisme et de guérilla.

Une série d’études locales complète la présentation des terres de djihad : le Canada (Stéphane Quéré), « talon d’Achille de l’Amérique du Nord » (p. 39), le Royaume-Uni et l’Irlande (Pascal Radov), l’Allemagne, où l’activité terroriste serait plutôt liée à « une détection infructueuse » des cellules islamistes qu’à l’échec d’une politique d’intégration (Janette Uhlmann). Deux zones constituent des cas particuliers par l’Afrique subsaharienne (M.‑F. Lathule) et l’Asie du Sud-Est (Angell Rabasa). Le djihadisme est abordé aussi sous des aspects particuliers :une comparaison entre les djihadistes en France et aux États-Unis (J.‑L Marret), les liens entre djihadisme et criminalité de droit commun en France (Pascal Radov) et les questions logistiques (Stéphane Delor).

Qualités

  • Des analyses indispensables pour aborder les questions de sécurité internationale et suivre une actualité mouvante en particulier en Irak et en Tchétchénie.
  • L’importance des facteurs locaux qui peuvent conduire certains individus à basculer dans la violence politique. Selon les auteurs, les États tendent à sous-estimer les réalités sociales et à raisonner comme si la sécurité était seulement menacée par le terrorisme international organisé. On retiendra comme exemples de passage de l’islam pacifique au terrorisme, l’enquête conduite en France par J.‑L Marret sur la désocialisation de jeunes exclus, les conversions et les prisons.
  • Les mises en garde contre des définitions rigides de phénomènes d’une extrême fluidité et des grilles de lecture inspirées par une « islamologie réductrice » (p. 239) ou des études sociologiques qui tendent à privilégier le lien entre déshérités et « basculement » vers le terrorisme.
  • Les tableaux, schémas, cartes sont des outils précieux pour l’enseignant en dépit de l’austérité des cartes en noir et blanc (qui nuit à leur lisibilité). Les cartes des réseaux notamment sont indispensables à la compréhension du fonctionnement djihadiste.

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