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Abdelkader Achebouche : le Moudjahid nonagénaire au service de l’islam en France.
Abdelkader Achebouche : un Moudjahid au service de l’islam en France.
Biographies

Abdelkader Achebouche : le Moudjahid nonagénaire au service de l’islam en France. 

Il est le bâtisseur-fondateur de deux grandes mosquées en Ile-de-France, dont il est encore l’infatigable président à presque 90 ans :

Il y a d’abord la plus grande mosquée d’Europe, nommée Al-Ihsan, ou « la bienfaisance », située à Argenteuil, dans le département du Val-d’Oise (95).

Et il y a la très belle mosquée Al-Hidaya al-Islamiya, ou « la guidance islamique », située à Asnières-sur-Seine dans le département des Hauts-de-Seine (92).

Il est un ancien fellagha qui a combattu le régime colonial de la France avant 1962.

Il est un ancien résistant qui a combattu le régime dictatorial de l’Algérie après 1965.

Inauguration par le Premier ministre François Fillon, en juin 2010, de la mosquée Al-Ihsan, ou « la bienfaisance », située à Argenteuil, presque 20 ans après son inauguration par les prières des fidèles
Inauguration par le Premier ministre François Fillon, en juin 2010, de la mosquée Al-Ihsan, ou « la bienfaisance », située à Argenteuil, presque 20 ans après son inauguration par les prières des fidèles

Résistant au Maroc contre le colonialisme français.

Le Hadj Achebouche est né en 1931 à Msirda, dans la région de Tlemcen, où il fait ses premiers pas d’écolier à partir de 12 ans. Son école est réquisitionnée par l’armée française pour préparer le débarquement des Alliés, alors, il poursuit son cursus d’écolier à Ahfir, ville marocaine anciennement appelée Martinprey Du Kiss.

Pendant deux longues années, entre 1943 et 1945, il doit traverser la frontière en avalant 12 km aller 12 km retour presque chaque jour. Après l’obtention du certificat d’étude, il poursuit son cursus à Oujda, dans le collège-lycée Pasteur jusqu’en 1951. Il survit dans des conditions rudimentaires, avant d’être hébergé par l’orphelinat marocain d’Oujda pendant presque 3 ans. Après l’obtention du BAC, il poursuit son cursus à Casablanca dans une classe de prépa pour HEC au collège Mère-Sultan. Il arrive dans cette ville sans bagage et sans argent, puis décroche son premier travail comme comptable pour une société de déménagement.

Du collège au lycée puis à la prépa, d’Ahfir à Oujda puis Casa, Achebouche a survécu, grandi et devenu homme grâce à la générosité des familles marocaines. Il deviendra un homme de la Révolution algérienne au Maroc.

De juillet 1952 à aout 1955, il intègre l’Amicale algérienne à Casablanca où il travaille et dort sur un léger matelas jeté sur deux tables attachées. Entre 1955 et 1956, il intègre la Révolution par la première marche, celle de la cellule, puis devient chef de groupe, puis responsable régional de Béni Mellal.

Le 31 décembre 1956, il est mobilisé par le FLN et envoyé à Tétouane (territoire espagnole) comme responsable de son bureau local, une plaque-tournante du trafic d’armes vers les maquis algériens. C’est ici qu’il intègre le puissant MALG, Ministère de l’Armement et des Liaisons générales, créé en septembre 1958 comme Service de Renseignement de l’ALN, Armée de Libération Nationale. Le MALG l’envoie à Rabat en juin 1959, puis à Casa jusqu’à l’indépendance. Il rejoint Alger le 5 juillet 1962, conformément à l’ordre du puissant dirigeant du MALG, Abdelhafid Boussouf, qui avait demandé à tous ses services de converger vers la capitale.

Le lendemain de l’indépendance, contrairement à plusieurs de ses camarades qui ont investi la politique ou l’armée, Achebouche a choisi de travailler dans le secteur pour lequel il a étudié au Maroc. Il fait un stage chez les Assurances Phénix, puis ouvre un bureau d’assurance à Alger, puis à Oran.

Résistant en France contre le despotisme algérien.

Abdelkader Achebouche : le Moudjahid nonagénaire au service de l’islam en France.

Le lendemain du Coup d’État du 19 juin 1965 contre le président Ben Bella, il manifeste sans être un véritable partisan du raïs déchu. Il est arrêté pendant 2 mois. Alors, il quitte l’Algérie dans laquelle il ne se sentait pas vraiment bien. Mais ce n’est ni un exil ni une expulsion. D’ailleurs, il faisait plusieurs allers-retours entre Alger et Paris.

En 1982, la grande mosquée de Paris refuse d’accueillir le cercueil d’Ahmed Mezghana, un des leaders du mouvement nationaliste algérien resté proche de Messali Hadj, mort dans un hôpital parisien. Alors, la mosquée d’Asnières lui ouvre ses portes pour organiser dignement ses obsèques. A l’époque, l’imam de cette mosquée dirigée par Achebouche est cheikh Ahmed Khatab, un ancien fellaga devenu préfet, puis opposant en rejoignant le mouvement de Ben Bella après le putsch contre ce dernier.

Immédiatement, les corbeaux de l’Amicale algérienne et de la Mosquée de Paris, très jaloux de l’aura de cette mosquée de banlieue qui palpitait à l’époque avec plus de 5 000 fidèles chaque vendredi, dénoncent Achbouche de tout et de n’importe quoi, comme le fait d’être un proche lieutenant de Ben Bella. Immédiatement, il est interdit d’Algérie. Aussitôt, il intègre le MDA, Mouvement pour la démocratie, et devient un des dirigeants de ce parti de Ben Bella.

En 1986, il est condamné par contumace à 10 ans de prison et 20 millions de dinars d’amende. Le 20 octobre 1986, il est arrêté par la police française. Il faisait partie d’un groupe de 14 cadres du MDA qui devaient être expulsés le lendemain. Mais une grève des aiguilleurs du ciel parisien les sauve. Achebouche est alors placé sous mandat de dépôt au Quai des Orfèvres pendant 10 jours, puis assigné à résidence pendant un mois.

Ainsi, il a été interdit du territoire algérien pendant plus de 30 ans. Le pouvoir algérien lui a interdit de retourner chez lui, jusqu’à fin 2011, jusqu’à ce que le pouvoir français l’ait décoré de la Légion d’honneur le 12 octobre 2011. C’est le Président Sarkozy qui a d’abord honoré cet homme qui ne porte pas la nationalité française. Alors, l’ancienne colonie française, cette Algérie qui reconnait rarement la valeur de ses enfants méritants, l’autorise enfin à retourner en Algérie.

La mosquée d’Asnières : le début d’une carrière au service des autres.

mosquée Al-Hidaya al-Islamiya, ou « la guidance islamique », située à Asnières-sur-Seine
mosquée Al-Hidaya al-Islamiya, ou « la guidance islamique », située à Asnières-sur-Seine

En arrivant en France en août 1965, Achebouche s’installe à Argenteuil. Après plusieurs petits métiers, il fonde une agence de voyages à Colombes en 1974, puis une autre à Clichy en 1987. Pendant 21 ans, il est voyagiste jusqu’à sa retraite en 1995. Il est père de sept enfants, dont trois médecins.

Au début, il fréquentait la petite mosquée de Belleville, aménagée en 1965 dans l’hôtel due possédait Abdelkader Benahmed et constituée comme la base de la belle aventure de la mosquée Adda’wa. En 1970, il participe avec son ami Boukniza, dans le jardin du pavillon de ce dernier à Asnières, à la construction d’une cabane de 20 m² comme salle de prière. Chaque vendredi, une dizaine de fidèles s’y retrouvaient, puis une quarantaine 4 ans plus tard.

En juin 1974, l’église Asnières-sur-Seine leur sous-loue, pour 100 francs par mois, une chapelle située rue de l’Abbé Lemire fermée à l’époque depuis 20 ans, depuis la construction d’une nouvelle église dans la même rue.

Le 07 juillet 1975, il fonde l’Association Cultuelle d’Asnières « Al-Hidayah Al-islamiyah ». En 1979, l’association achète tout le terrain de la chapelle et de ses annexes : 1802 m². En 1980, elle achète une usine située en face : 800 m². Tous ces achats et ces investissements ont été payés par les fidèles, par les musulmans, souvent pauvres. Comme pendant la Révolution algérienne, certaines familles donnaient leurs bijoux pour construire cette mosquée, qu’aucun pays n’a financée. Ce n’est qu’en 2013 que l’ambassade de l’Arabie Saoudite donne directement 400 000 € à la société gérante du chantier de la mosquée. Puis, l’Algérie offre 75 000 €.

La mosquée d’Argenteuil : ne jamais finir de bosser et de bâtir !

la plus grande mosquée d'Europe, nommée Al-Ihsan, ou « la bienfaisance », Argenteuil
la plus grande mosquée d’Europe, nommée Al-Ihsan, ou « la bienfaisance », Argenteuil

En parallèle de son combat pour bâtir la mosquée d’Asnières, Achebouche se démène pour construire une mosquée à Argenteuil. Le 2 novembre 1997, il fonde l’association Institut islamique de France Al-Ihsan. Mais le maire communiste refuse haineusement l’installation d’une mosquée dans son « territoire » et préempte tout bâtiment ou terrain acheté par cette association islamique, comme un local acheté 1300 000 francs aux enchères.

Achebouche subi un processus d’intimidations, des appels de menace chez lui et une campagne de presse le qualifiant d’intégriste et autres « istes »… Un jeune kabyle travaillant comme conseiller auprès du Maire lui conseille de lui « rentrer dedans avec des jeunes arabes communistes », complètement à l’ouest de la religion. Ainsi, ce sont ces jeunes « désislamisés » qui vont forcer le maire à s’engager positivement dans le projet de la mosquée.

Après sa conversion forcée à ce projet, il lui fait une offre miraculeuse : il lui propose le local de Renault, avec un terrain de 4 250 m², avec un prix exceptionnellement bas… excessivement très bas. Ce local valait un milliard et Renault payait un million pour les frais de gardiennage. La signature devait avoir lieu début décembre 1998, mais Achebouche la retarde pour bénéficier de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi de finance qui lui permet de payer 100 000 francs de taxes au lieu du triple. Il se rend à La Mecque pour chercher d’autres fonds et signe le contrat d’achat le 29 janvier 1999 : 1 670 000 FF avec les frais du notaire. La somme a été réunie in extremis ; après le prêt de 820 000 fait par la mosquée d’Asnières qu’il gère, après les sommes récoltées en dons ou en prêts auprès des fidèles et des membres du bureau, Taleb Mohamed lui apporte, à la dernière minute, un chèque certifié de 50 000 FF, son fils 60 000 FF, un autre fidèle 50 000 FF.

20 ans plus tard, cette mosquée reçoit chaque vendredi plus de 5 000 fidèles, le double chaque fête de l’aïd. Plusieurs dizaines de bénévoles offrent leur temps et leurs compétences pour servir les visiteurs de cette mosquée adorable, remarquable grâce à son style mauresque, reconnaissable grâce à son dôme couleur ocre et son minaret discret, mais culminant à 15 mètres de hauteur.

L’école de cette mosquée reçoit, entre les mercredis et les week-ends, plus de 1000 enfants dans des classes propres, équipées d’outils technologiques et animées par une équipe compétente et prévenante. C’est vers cette génération qu’Achebouche consacre le peu d’années qui lui restent à vivre. Il se bat pour l’ouverture du collège-lycée l’Espérance comme pépinière de l’excellence islamique en Ile-de-France.

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